Aurélien Barrau défenseur du vivant Part.1

20 juillet 2020 / actualites

Aurélien Barrau défenseur du vivant Part.1

 

 Aurélien Barrau : Est-il trop tard pour que la vie perdure

Aurélien Barrau en jean devant un tableau Part.1-Atlaneastro

 

Je vous retransmets une interview d’Aurélien Barrau. Je trouve son point de vue particulièrement intéressant. Il n’ utilise pas la langue de bois. Engagé, Aurélien Barrau, ne mâche pas ses mots. Il y a urgence le Peuple de la terre doit se réveiller. Prendre conscience que nous ne pouvons continuer à consommer de cette façon. Nous devons ensemble faire  pression sur nos gouvernements car le temps presse. Astrophysicien spécialisé dans la physique des astroparticules, particules du milieu interstellaire, et des trous noirs. Il travaille pour le Laboratoire de physique subatomique et de cosmologie de Grenoble. Et notamment il enseigne à l’université de Grenoble. Très engagé sur la question écologique, il invite par ses écrits le grand public à prendre conscience de l’urgence écologique. Il est aussi auteur de nombreux livres dont « Le plus grand défi de l’histoire de l’humanité ». Qui dénonce l’urgence à laquelle nous devons tous faire face.

 

Nous écoutons Aurélie Barrau : « Nous avons déjà tué l’essentiel des populations d’animaux sauvages, des insectes. Comme nous avons déjà ratiboisé l’essentiel des forêts, et vidé une grande partie des océans. A l’heure actuelle,  un grand nombre de pays sont dans une situation de stress hydrique fort ou extrême. Et nous commençons à voir apparaître des réfugiés climatiques et des pandémies.

Aurélien Barrau en conférence chemise bleu ciel Part.1-Atlaneastro

Aurélien Barrau nous dit encore :  « Est-il trop tard pour que tout aille bien ? », la réponse est évidemment oui ! Il n’y a aucun doute là-dessus. Mais si la question est « Est-il trop tard pour que la vie perdure ? », la réponse est évidemment non. La vie va très probablement continuer. Mais dire « Il est trop tard », c’est faire comme si la crise climatique était binaire. Cela ne se passe pas comme ça, il y a une gradation continue entre « Tout va bien » et « Tout s’arrête »… ce qui est peu probable, je ne pense pas que les scorpions ou les araignées vont disparaître par exemple.

Souvent, je crois que ce qui est sous-entendu dans cette question c’est « Est-il trop tard pour que l’Humanité subsiste ? » Si on prend la Seconde guerre mondiale par exemple, elle n’a pas fait disparaître l’humanité et pourtant ce fut une catastrophe sans nom ! Ce fut une des pires choses de l’Histoire bien que l’humanité n’aie pas disparu ! Que l’humanité perdure ou non ne me semble pas être la question cardinale.

 

Aurélien Barrau selon vous, quelle est la place de la science

A la question : Est-ce que selon vous, Aurélien Barrau, la situation de pandémie que nous connaissons n’a pas permis de mettre en valeur la parole scientifique ? Et est-ce que cela ne va pas permettre à la communauté scientifique et aux climatologues de prendre enfin une place méritée?C’est une question intéressante : dans un premier sens, on pourrait répondre oui. D’ailleurs, il faudrait s’en inspirer pour d’autres situations car il est vrai que lorsque l’on fait face à une épidémie mondiale. On consulte les médecins. applique leurs recommandations. Dans cette pandémie les recommandations étaient parfois divergentes, il n’y avait pas d’unanimité.

Aurélien Barrau assis sur une table Part.1-Atlaneastro

Bien qu’il y ait des avis d’experts extrêmement différents les uns des autres, ils ont été quand même dans une large mesure suivis. Ce qui est très étonnant par rapport à la catastrophe écologique c’est que les analyses sont dans ce cas beaucoup plus unanimes. Il y a beaucoup moins de différences et de divergences… Et pourtant les recommandations ne sont pas du tout suivies !

Cette constatation est très étrange quant à ces deux crises, sanitaire et écologique. La seconde est bien pire et les experts sont beaucoup plus unanimes. Pourtant, dans le premier cas on suit les recommandations et dans le second cas on ne les suit pas. C’est incompréhensible et très grave…

Le deuxième niveau que je voudrais souligner est qu’il ne faut pas considérer seulement la parole scientifique. Il est vrai que les scientifiques savent projeter les évolutions de températures, de CO2 etc. Il faut donc les écouter, il n’y a aucun doute là-dessus. Mais il faut bien comprendre que la question à laquelle on fait face n’est pas une question prioritairement scientifique mais une question politique. Il y a ici des gens qui pensent qu’il n’y a aucun problème à avoir 5°C de réchauffement climatique car de toute façon en France on est riches, on mettra l’air conditionné, les forêts on s’en fout, les oiseaux on s’en fout : tant que l’on peut continuer à manger des hamburgers dans des pièces climatisées, il n’y a aucun problème.

Le problème est donc politique et éthique : il s’agit de savoir dans quel monde nous voulons vivre et ça, nous ne pouvons pas le déléguer aux seuls scientifiques.

Aurélien Barrau pourquoi l’homme est  un prédateur

 

Aurélien Barrau pensif, main sur la bouche Part.1-Atlaneastro

Le bouleversement que subit la biodiversité est sûrement l’une des plus grandes catastrophes de l’histoire récente de la Terre. Aujourd’hui on sait qu’un million d’espèces sont menacées à très court terme. Selon vous, Aurélien Barrau. Pourquoi l’Homme n’arrive-t-il pas à concevoir qu’il fait partie d’un tout. Quand on parle d’environnement, alors que l’urgence sanitaire liée au coronavirus nous a donné un sentiment d’unité globale. Et elle a probablement forcé les Etats à trouver des solutions inédites en très peu de temps ?

Je veux absolument rappeler que dans la crise écologique globale, la crise climatique n’est qu’un élément parmi d’autres et ce n’est peut-être pas le plus grave. Quand bien même il n’y aurait pas un seul degré de réchauffement, nous serions tout de même dans la 6e extinction massive. À ce stade, le réchauffement climatique n’a joué aucun rôle majeur. Il va évidemment être important dans le futur mais il est essentiel d’avoir en tête que quand bien même on n’émettrait plus du tout de CO2, on n’aurait absolument pas résolu le problème ! En réalité c’est notre manière d’habiter l’espace, de le coloniser, qui rend cette planète invivable aux autres vivants. Et il se trouve que les vivants sont interconnectés.

 

Aurélien Barrau Grata Thunberg Part.1-Atlaneastro

Pour revenir à votre question, je dirais que je ne suis pas tout à fait d’accord avec le constat. Il y avait beaucoup d’espoirs sur l’émergence de nouvelles valeurs. En réalité ce n’est pas du tout ce qu’il se passe, on voit un retour à l’état précédent et même dans une large mesure en évolution vers le pire. Je suis extrêmement déçu des leçons qui sont tirées de cette crise. Elles sont essentiellement nulles.

Concrètement, l’origine de cette pandémie est probablement la manière dont on traite les animaux. On sait très bien que le fait que les animaux n’aient plus de lieux sauvages pour vivre, conjugué avec l’élevage intensif. Et notamment les marchés, constituent une cause dominante de l’augmentation des épidémies. Quelle gouvernance d’un grand pays a remis ça en cause ? Aucune ! On ne se pose pas les questions absolument nécessaires.

Je voudrais dire que ce qu’il se passe n’est pas la faute de l’humanité mais de l’Occident au sens large. J’inclus évidemment les États-Unis et même la Chine finalement. Ce n’est pas la faute de la totalité de l’humanité. C’est le mode de vie d’une partie de la population occidentale qui est en train de dévaster la planète. Mais il y a beaucoup d’autres cultures, sous-dominantes en termes de nombre, en termes d’impact, en termes de puissance. Qui existent à la surface de la Terre et qui n’ont pas du tout ce rapport au monde.

Notre vision relève à mon avis d’une double aliénation. Une première folie est liée à la négation de l’altérité : les autres vivants sont en effet considérés uniquement comme des ressources , tout ce qui n’est pas humain est une ressource. Un arbre est une ressource, un poisson ou du le pétrole sont des  ressources… Et, au-delà de cela, il y a une folie de nature logique. Car quand bien même on se ficherait des lions ou des oiseaux. Tout cela est en fait suicidaire parce que les conditions de stabilité de la planète sont aussi en train d’être mises à mal. Nous allons nous-mêmes en pâtir gravement.

Alors pourquoi n’y arrive-t-on pas ? Je crois que le mal est très ancien. Dans les milieux de gauche par exemple, beaucoup de gens se disent. « Le mal c’est le capitalisme », je crois que c’est faux.  Je pense qu’il y a effectivement un problème avec le capitalisme. Il comporte en lui-même sa propre « illimitation » en quelque sorte. Il fait de la croissance une fin en elle-même. Et on voit aujourd’hui aussi les ravages au niveau social. Donc, oui, il y a un problème avec le capitalisme mais ce n’est pas la totalité du problème. L’Homme s’est construit sur des mythes de domination et de prédation. C’est peut-être également là-dessus qu’il faut travailler.

 

 

 

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Joy Jurville

Psychothérapeute, chercheur en Astrologie et en Tarologie depuis 1981. Je vis mon métier avec passion !

 

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